samedi 20 septembre 2008

Woody Allen a tout compris


Cristina poursuivit sa guette, ne sachant toujours pas ce qu'elle voulait, mais sachant ce qu'elle ne voulait pas.

C'est exactement ça. Il y a deux types de personnes en fait, les Vicky qui savent exactement ce qu'elles veulent (ou qui croient le savoir), et qui ne vivent qu'en fonction de ce but hypothétique à atteindre, cette réalité imaginaire, cette ficiton du bonheur qui bien qu'inconnue et jamais expérimentée, ne peut être que la seule bonne façon de vivre. Et il y a les Cristina, qui expérimentent, qui se laissent porter par la vie et font confiance au destin, avec un seul mot d'ordre: apprendre. Avoir l'intelligence et l'intuition de retirer de toute expérience une leçon, et se former au fil des jours des certitudes qui reposent, cette fois, sur une réalité personnelle et tangible, celle de l'expérience vécue par soi. Il n'y a que cela de certain, non? Savoir ce que l'on ne veut pas.

J'ai trop longtemps essayé d'être une Vicky, mais j'ai réalisé que cela ne me convient pas. À poursuivre une idée fixe (et souvent établie selon des critères totalement extérieurs à soi) de ce qu'est le bonheur et la bonne façon de vivre sa vie, on passe refuse de vivre toute expérience jugée inutile, qui viendrait retarder l'atteinte du But Ultime ou pire, risquerait de retarder sa réalisation. Sauf que bien des gens qui atteignent ce But se rendent compte que c'est pas le Pérou, finalement. Que... oups! Ils se sont peut-être trompés. Et tout est à recommencer.

Alors qu'en vivant sans idée fixe, mais en expérimentant, on vit certes des expériences que l'on aime pas. On prend des risques aussi, et c'est insécurisant souvent. Sauf qu'on en retire une connaissance de soi étonnante, qui nous permet de reconnaître le bonheur, l'adéquat, quand on le rencontre enfin. On apprend à savoir ce que l'on veut en l'ayant vécu. Et même lorqu'on ne sait pas encore ce que l'on veut exactement, avant de le reconnaître, on sait ce que l'on ne veut pas.

Ouais, je deviens de plus en plus une Cristina. Et je poursuis ma guette.

Mais quand même, je sais deux choses, surtout après avoir vu Vicky Cristina Barcelona.

- Je veux absolument aller à Barcelone, cette ville est extraordinairement belle et unique.
-Je veux me mettre plus assidûment à la photo. Pour ça, je dois me botter les fesses et me faire confiance. Et foncer.

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